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VectorCraft : Illustrator libre en Rust, ce qu'il dessine
VectorCraft est un éditeur d’illustration vectorielle libre, écrit en Rust pur. Il se présente comme une réimplémentation « clean-room » d’Illustrator, avec des outils, des menus et des raccourcis familiers. Il tourne sous macOS, Windows, Linux et FreeBSD, et dans un navigateur via WebAssembly. Son auto-évaluation datée du 9 octobre 2026 estime qu’il couvre 69 à 75 % des fonctions d’Illustrator, mais seulement 40 à 55 % de ce qu’un utilisateur expert perçoit comme équivalent.
Cet écart entre les fonctions et le ressenti est la clé de lecture du projet.
Ce qui dessine
Les outils vectoriels sont là : la plume, la sélection directe avec ancres et poignées de Bézier, le Pathfinder, le Shape Builder, les Smart Guides, les calques et les nuanciers. Le panneau Apparence permet d’empiler plusieurs contours et remplissages sur un même objet.
Les effets en direct comprennent les Live Blends, qui créent des dégradés de formes éditables, la Radial Repeat, l’Envelope Distort, le Gradient Mesh, une grille de perspective, les masques d’écrêtage et le contour lumineux.
Le texte propose des styles de caractères et une mise en page bidirectionnelle hébreu et arabe. Le texte vertical est pris en charge de façon initiale, sans la composition CJK complète.
Les formats
Le fichier natif .vectorcraft est du JSON. Le SVG s’importe et s’exporte. Le PDF et le .ai compatible PDF s’importent et s’exportent, y compris en PDF/X. EPS, DXF, EMF, WMF et PSD sont lus, et PNG, JPEG et WebP s’exportent en raster.
Les fichiers Affinity (.af, .afdesign, .afpub) s’importent sans export. L’export Export for Screens est présent, et le traitement par lot peut se faire en headless.
Ce qui manque
Le projet annonce les manques vers la version 1.0 : la 3D et les matériaux, les effets raster de type Effect Gallery, la composition CJK en vertical, les variables et le scripting, et la finition des interactions de certains outils. Les prochaines étapes annoncées sont la fidélité des interactions, puis les effets raster, puis la 3D et le texte avancé.
Une remarque sur la page : elle cite les packagings Windows et Linux parmi les manques, alors que des installeurs sont déjà listés dans la section Téléchargements. Cela montre que la liste des manques est elle-même en cours de mise à jour.
Les performances annoncées
Le projet publie trois mesures :
- 20 000 formes rendues en environ 27 ms en pleine résolution rétina ;
- une interface à 120 images par seconde pendant le rendu ;
- un rendu multithread et SIMD, hors du thread d’interface.
L’annulation est illimitée, grâce au partage structurel des documents. Ce sont des chiffres annoncés, sur une configuration non précisée. La CLI inclut une commande bench qui permet de mesurer le rendu de votre propre fichier.
Guide pour un agent LLM
VectorCraft expose un serveur MCP en stdio, qui permet à un agent de dessiner, modifier et exporter comme un utilisateur. Le serveur lit et répond une ligne à la fois : pendant un appel d’outil, il ne lit rien d’autre.
Le lancement se fait après compilation :
cargo build --release -p vectorcraft-cli
claude mcp add vectorcraft -- "$PWD/target/release/vectorcraft-cli" mcp
Le serveur a deux modes. Par défaut, il tente de se connecter à une application ouverte avec --control 7979, puis bascule en headless si ça échoue. On peut forcer le mode avec --connect 127.0.0.1:7979 ou --headless, qui utilise un rendu CPU.
Les outils principaux sont command_list, command_run, command_batch, doc_inspect et render_preview. Le dépôt liste aussi des outils historiques toujours exposés : run_command, inspect_document, select_tool, pointer_gesture, draw_path, draw_shape, set_paint, add_text, apply_effect, pathfinder, transform, open_file, save_file, export, undo et redo.
Pour la CLI, vectorcraft-cli commands renvoie le catalogue des commandes en JSON. vectorcraft-cli run --in fichier --cmd … --params … --export sortie enchaîne des étapes sans fenêtre, et vectorcraft-cli convert ou info font de la conversion et de l’inspection.
Limites à connaître :
- le transport est stdio uniquement, sans HTTP ni SSE ;
- les exports sont synchrones, sans progression ni annulation en cours d’appel ;
- en headless,
inspect_ui,type_text,open_paneletscreenshotavecwindow:truene fonctionnent pas ; - les paramètres de commande ne sont pas validés par schéma, car le registre les décrit en prose : une clé de premier niveau inconnue renvoie
-32602, mais une faute dans un paramètre imbriqué passe plus facilement ; render_previewéchoue si l’artboard dépasse la limite d’allocation.
Un bon réflexe pour un agent : lire le catalogue avec commands, dessiner une forme de test, la rendre avec render_preview, puis seulement enchaîner les modifications.
Verdict
VectorCraft est déjà suffisant pour des pictogrammes, des tracés simples, des exports SVG ou PDF et de l’automatisation par lot. Il ne convient pas encore à une illustration complexe qui dépend du texte vertical, des effets raster ou de la 3D. Le bon test : ouvrez un de vos SVG, modifiez-le, exportez-le, puis comparez le résultat à l’original, pixel par pixel si possible.
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Ce que j'ai lu, regardé ou vérifié pour écrire cet article.
- Dépôt GitHub storytold/vectorcraft : fonctionnalités, formats, auto-évaluation du 9 octobre 2026 et chiffres relevés github.com (ouvre dans un nouvel onglet)
- docs/mcp.md du dépôt vectorcraft : outils MCP, lancement, configuration client et limites raw.githubusercontent.com (ouvre dans un nouvel onglet)