Photo : YongGuang Tian sur Unsplash
PhotoCraft : Photoshop libre en Rust, fonctions et limites
PhotoCraft est un éditeur d’images libre, réécrit en Rust à partir de zéro, qui vise à remplacer Photoshop. Il lit et écrit les fichiers PSD, gère les calques, les masques et les calques de réglage, et fonctionne hors ligne. Il se déclare lui-même en « early alpha » : il couvre une grande partie des fonctions de retouche, mais pas encore le travail professionnel au quotidien.
Le projet est né dans la suite ArtCraft et reste le plus suivi des sept. Au 9 octobre 2026, son dépôt affiche plus de 34 000 étoiles.
Ce qui est là
Les outils de base sont présents : 52 outils de sélection, retouche, peinture, texte, formes et transformation. La sélection d’objet et la sélection du sujet tournent en local, sans compte ni cloud.
Les réglages sont au nombre de 16, dont les courbes, les niveaux et la vibrance. Les styles de calque couvrent l’ombre portée, les lueurs, le biseau, l’incrustation et le contour. Les calques peuvent être regroupés, masqués, convertis en objets dynamiques, et utilisent l’un des 27 modes de fusion.
Côté couleur, le projet gère RGB, niveaux de gris, CMJN et Lab, en 8, 16 et 32 bits, avec gestion ICC. Le texte est éditable sur le canevas, et les formes et tracés peuvent servir de masques vectoriels. Les filtres (flous, netteté, distorsions, effets de rendu) affichent un aperçu en direct.
Côté formats, le fichier natif est .pcraft. PSD et PSB sont lus et écrits, avec le TIFF multicouche, SVG, PNG, JPEG, WebP, GIF, EXR et HDR. HEIC est en lecture seule dans les builds officiels, AVIF en écriture seule, et les fichiers Affinity s’ouvrent sans export.
Ce qui manque
Le projet liste lui-même ses lacunes. Il n’a aucune fonction d’IA générative, et c’est la plus visible. Une vingtaine d’outils restent à faire, la typographie avancée et les workflows de production sont incomplets, et les plugins Photoshop ne fonctionnent pas. Le dépôt cite un dossier examples/plugins/invert-rs, qui laisse penser à un système de plugins en Rust, mais aucune documentation n’est publiée à ce sujet.
Sous Linux, le glisser-déposer ne fonctionne pas encore sous Wayland. Le décodage AVIF et JPEG XL n’est pas disponible.
Les chiffres annoncés
Ces mesures viennent du projet, et aucune comparaison avec Photoshop n’est publiée :
- un flou gaussien de rayon 180 sur 3,6 mégapixels prend moins d’une seconde, grâce à des passes de somme glissante multithreadées ;
- sur le corpus de test psd-tools, le rendu après réouverture et sauvegarde est identique pour 307 fichiers sur 309 ;
- 116 calques de forme sur 116 correspondent aux pixels de Photoshop dans le corpus PSD ;
- la suite compte plus de 1 700 tests.
Les deux chiffres PSD sont les plus parlants. Ils disent que le projet tient la route sur la lecture de fichiers existants, ce qui est exigeant. Ils ne disent rien de la vitesse sur un fichier réel de 2 Go.
Guide pour un agent LLM
PhotoCraft est conçu pour être piloté par un agent. Le serveur MCP expose plus de 500 commandes, issues d’un registre unique partagé avec l’interface et la CLI.
Le lancement en mode headless exige des racines explicites, sinon l’agent n’a accès à aucun fichier :
photocraft-cli mcp --automation-read-root /work/project --automation-write-root /work/project
Le mode bridge, qui pilote une application de bureau ouverte, utilise --bridge avec un fichier de jeton, décrit dans development.md du dépôt.
Les outils communs sont command_list, command_run, command_batch, doc_inspect et render_preview. Les outils d’interface, ui_inspect et ui_screenshot, n’existent qu’en mode bridge. Le dépôt ne documente pas de configuration client particulière : la commande de lancement suffit pour un client MCP standard.
Quelques règles pour un agent :
- commencez par
command_listavec un filtre pour trouver l’identifiant exact de la commande, plutôt que de deviner ; - utilisez
doc_inspectavant de modifier, pour connaître les calques et la sélection ; command_batchn’est pas atomique : chaque commande crée sa propre étape d’annulation, donc annulez commande par commande si un lot échoue ;render_previewest borné à 2 048 pixels par côté, ce qui suffit pour vérifier un résultat sans saturer le contexte ;- les noms de fichiers doivent être des composants simples : chemins absolus, traversées de répertoires et liens sortant de la racine sont refusés, et les fichiers cibles existants aussi.
Une erreur d’argument inconnu renvoie -32602, et un échec d’exécution renvoie isError: true. Les catalogues sont mis en cache pendant dix minutes, donc une commande ajoutée peut mettre un moment à apparaître.
Verdict
PhotoCraft est utile pour la retouche courante sur des fichiers PSD, pour tester une chaîne automatisée sur des images, et pour suivre un projet libre dès ses débuts. Il ne remplace pas Photoshop pour un travail professionnel, notamment sans IA générative et sans plugins. La première chose à faire : ouvrir un de vos PSD, le sauvegarder, puis le comparer à l’original. C’est le test que le projet lui-même juge le plus important.
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Ce que j'ai lu, regardé ou vérifié pour écrire cet article.
- Dépôt GitHub storytold/photocraft : fonctionnalités, plateformes, formats, licence et chiffres relevés le 9 octobre 2026 github.com (ouvre dans un nouvel onglet)
- docs/mcp.md du dépôt photocraft : outils MCP, lancement et limites raw.githubusercontent.com (ouvre dans un nouvel onglet)
- AI News Weekly, 7 octobre 2026 : présentation du projet, réserves et réactions aiweekly.co (ouvre dans un nouvel onglet)