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Logiciel de montage vidéo sur écran dans une pièce sombre, avec une timeline et une prévisualisation de paysage

FilmCraft : Premiere Pro libre en Rust, état des lieux

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FilmCraft est un logiciel de montage vidéo, d’étalonnage et de son, écrit en Rust et sous licence MIT ou Apache-2.0. Il se présente comme une réimplémentation « clean-room » de Premiere Pro : mêmes panneaux, mêmes espaces de travail, mêmes raccourcis. La version 0.1.0 date du 2 octobre 2026, et la 0.4.0 du 8 octobre. Le projet couvre déjà le montage de base, l’étalonnage, l’audio et l’export, mais il n’est pas encore prêt pour un travail client.

Ce qui est là

Côté montage, on trouve le montage à trois points, tous les types de trim (ripple, roll, slip, slide, razor), l’imbrication de séquences, les marqueurs et une annulation illimitée. Le temps est stocké en entiers, à raison de 254 016 000 000 ticks par seconde, ce qui évite la dérive sur les longues timelines. Une sauvegarde atomique et un journal de récupération protègent le projet en cas de plantage.

L’étalonnage reprend le panneau de type Lumetri : balance des blancs, courbes RVB, roues chromatiques, HSL secondaire et vignettage. Les scopes sont calculés en linéaire, sur des flottants 32 bits. L’audio propose des compteurs de loudness BS.1770 et EBU R128, des effets (égaliseur, dynamique, limiteur, réverbération) et un mixeur avec automation en mode Read, Latch, Touch ou Write.

Pour les sous-titres, le projet gère CEA-608 et CEA-708, le Teletext, SRT, WebVTT et SCC. Il lit et écrit aussi Final Cut Pro 7 XML, FCPXML, OpenTimelineIO, EDL CMX 3600, AAF et OMF 2.0, ce qui permet de sortir un montage vers un autre logiciel.

Les formats sont plus inégaux. Le décodage couvre H.264, HEVC, ProRes, VP9, AAC, Opus et AV1. L’encodage H.264 ne passe que par le logiciel, et l’export se fait en H.264, ProRes 422 HQ, MJPEG, MXF, séquences PNG, GIF animé ou WAV. Les binaires existent pour macOS, Windows, Linux et FreeBSD, et une version WebAssembly est annoncée.

Ce qui manque

Le projet estime lui-même qu’il est prêt pour un travail réel à 50 à 60 %, et qu’il couvre environ 87 % des fonctions de Premiere sur sa checklist. L’écart se situe dans les détails qui comptent en production :

  • Lumetri, les incrustations et l’export tournent encore sur le processeur, ce qui pèse sur les gros fichiers.
  • Il n’y a aucun plugin : ni VST3, ni AU, ni OpenFX.
  • L’export H.265 passe uniquement par le matériel, et l’AV1 n’est pas exportable.
  • Les tests portent surtout sur des fichiers de référence. Peu de rushes de caméras ou de téléphones ont été passés, et Windows et Linux sont moins testés que macOS.

Ce dernier point compte le plus. Un logiciel validé sur des fichiers de conformité se comporte autrement face au rush d’un téléphone filmé en portrait.

Les performances annoncées

Le projet publie des chiffres. Ils viennent de lui, et la page ne détaille pas toujours les conditions de mesure :

  • décodage H.264 bit-exact sur 37 flux : 500 à 600 images par seconde en 1080p ;
  • décodage HEVC : environ 225 images par seconde en 1080p ;
  • mixage de 24 pistes avec trois effets chacune : environ six fois le temps réel, sur un seul cœur ;
  • loudness intégré identique à ebur128 de ffmpeg au dixième de LU près.

Ces mesures portent sur le décodage et l’audio, les parties que le projet a le plus travaillées. L’étalonnage et l’export, que le projet reconnaît comme lents, n’y figurent pas. Pour juger la vitesse réelle, c’est là qu’il faut regarder, avec votre propre rush.

Guide pour un agent LLM

FilmCraft expose plus de 650 commandes. Chaque menu, bouton ou glisser-déposer est une commande avec un identifiant, des paramètres typés et un état d’activation. Le serveur MCP tourne en stdio et a deux modes.

Le mode headless fonctionne sans fenêtre, sur un projet vide, sur une démo ou sur un fichier .fcproj. Le mode bridge pilote une application ouverte avec --control 9876, et ajoute des outils d’interface.

Pour Claude Code, le dépôt fournit un .mcp.json qui déclare les deux serveurs. Il faut d’abord compiler :

cargo build --release -p filmcraft-cli -p filmcraft
claude mcp add filmcraft-headless -- /chemin/absolu/target/release/filmcraft-cli mcp --demo

Pour un autre client, la configuration en mode bridge ressemble à ceci :

{
  "mcpServers": {
    "filmcraft": {
      "command": "/abs/path/filmcraft-cli",
      "args": ["mcp", "--bridge", "127.0.0.1:9876"]
    }
  }
}

Les outils exposés sont command_list, command_run, command_batch, doc_inspect, render_preview, project_inspect, sequence_inspect, media_import et render_frame. En mode bridge, s’ajoutent ui_inspect, ui_elements, ui_click, ui_drag, ui_key, ui_type, ui_screenshot et ui_control.

La boucle recommandée par le dépôt : inspecter le projet ou la séquence, récupérer les identifiants, exécuter une commande, vérifier avec render_frame ou ui_screenshot, puis revenir en arrière avec edit.undo si le résultat est faux. render_frame est en lecture seule : il ne déplace ni la tête de lecture ni la sélection.

Quelques règles pratiques :

  • une commande qui dépend de la sélection reste désactivée tant que rien n’est sélectionné, sauf si l’agent lui passe ses cibles explicitement ;
  • timeline.move déplace aussi les clips liés, sauf avec "linked": false ;
  • une piste inexistante renvoie une erreur, jamais une autre piste ;
  • les identifiants d’éléments d’interface viennent de la frame précédente : après un changement de mise en page, relisez-les ;
  • pour un export long, utilisez wait: true et suivez la progression, ou interrogez jobs.list et annulez avec jobs.cancel.

Historique des versions

VersionDatePoints marquants
0.1.02 oct. 2026Première version publique.
0.2.05 oct. 2026Chantier de fiabilité : suppression des paniques dans presque tous les modules, import AIFF, rotation des vidéos de téléphone.
0.2.16 oct. 2026Modes de fusion et effets standard sur le compositeur GPU, décodage matériel VideoToolbox, annotations des outils MCP.
0.4.08 oct. 2026Builds Windows ARM64, interface en japonais, espagnol et portugais brésilien, séquences imbriquées, décodeur et encodeur APV.

La page des releases ne montre pas de version 0.3.x. Je ne sais pas si elle a existé. Ce rythme dit deux choses : une équipe qui livre vite, et des fonctions qui bougent encore beaucoup.

Verdict

FilmCraft convient pour apprendre le montage, pour tester un agent sur un projet de montage, ou pour un extrait sans plugins qui sort en H.264 ou en ProRes. Pour un projet client avec des rushes de caméra et des sous-titres à livrer, ce n’est pas encore le bon choix.

Le test le plus utile tient en trois étapes : prenez un montage fini, exportez-le en FCPXML ou en EDL, rouvrez-le ici. Ce qui casse vous dira plus que n’importe quel tableau de statuts.

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Sources

Ce que j'ai lu, regardé ou vérifié pour écrire cet article.

  1. Dépôt GitHub storytold/filmcraft : fonctionnalités, architecture, licence, chiffres de performance et statistiques relevés le 9 octobre 2026 github.com (ouvre dans un nouvel onglet)
  2. docs/agents.md du dépôt : configuration du serveur MCP, liste des outils et limites du mode bridge raw.githubusercontent.com (ouvre dans un nouvel onglet)
  3. Page des releases GitHub : dates et notes des versions 0.1.0 à 0.4.0 (8 octobre 2026) github.com (ouvre dans un nouvel onglet)