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Racisme, antisémitisme : ce qui est jugé, ce qui est débattu

Les mots, les bilans humains, la définition du génocide, et ce que la justice dit du RN et de LFI.

23 questions 11 min Chiffres arrêtés en octobre 2026

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À quoi sert cette fiche

Séparer ce qu'un tribunal a jugé, ce que les faits documentent et ce qu'un adversaire affirme. La fiche définit d'abord les mots, donne les bilans humains avec leurs angles morts, puis applique la même grille au génocide et au passif des deux formations.

Ce qu'elle couvre

  • Les définitions de l'antisémitisme, du sionisme, d'Israël et du Hamas
  • Les morts du 7 octobre et de Gaza, civils et combattants
  • La définition du génocide et trois cas reconnus
  • Le débat sur la qualification de la guerre à Gaza
  • Les condamnations du FN puis du RN, et le dossier de LFI
  • La thèse d'un acharnement médiatique, et ses limites

Ce qu'elle ne couvre pas

  • L'histoire complète du conflit israélo-palestinien
  • L'histoire complète des deux formations et de leurs courants
  • Les électeurs des deux partis, qui ne sont pas leurs dirigeants

Depuis quelques années, une phrase revient : les deux extrêmes se vaudraient sur le racisme et l’antisémitisme. Ce dossier ne dit pas qui a raison. Il sépare trois choses : ce qu’un tribunal a tranché, ce que les faits documentent, et ce qu’une accusation politique affirme. Il commence par les mots, parce que la plupart des disputes portent sur eux.

Les mots du dossier

Quatre mots reviennent sans arrêt, souvent employés l’un pour l’autre. Les définir n’est pas prendre parti : c’est rendre la discussion possible.

  • Antisémitisme

    Hostilité, préjugés ou discrimination envers les Juifs en tant que groupe.

    À ne pas confondre

    Ce n'est pas la critique d'Israël, ni l'antisionisme en soi : ce sont des opinions protégées, sauf quand elles deviennent une haine des Juifs.

    source 29

  • Sionisme

    Mouvement politique juif né à la fin du XIXe siècle, qui vise à créer puis à maintenir un État juif en Palestine.

    Théodore Herzl publie L'État des Juifs en 1896 ; le premier congrès sioniste se tient à Bâle en 1897.

    À ne pas confondre

    Tous les Juifs ne sont pas sionistes, et tous les sionistes ne sont pas juifs. Le sionisme n'est pas le judaïsme.

    source 31

  • Israël

    État proclamé le 14 mai 1948, qui se définit comme un État juif et démocratique.

    Sa création suit le plan de partage de l'ONU de 1947 et la première guerre israélo-arabe. Les frontières et l'occupation des territoires palestiniens restent contestées.

    À ne pas confondre

    Un État n'est pas une religion. Critiquer son gouvernement n'est pas attaquer les Juifs.

    source 32

  • Hamas

    Organisation islamiste palestinienne fondée en 1987, au pouvoir à Gaza depuis 2007, classée organisation terroriste par l'Union européenne et les États-Unis.

    Sa charte de 1988 appelle à la destruction d'Israël ; son document de 2017 accepte un État palestinien sur les frontières de 1967, sans reconnaître Israël. Le 7 octobre 2023, son attaque tue 1 175 personnes en Israël.

    À ne pas confondre

    Le Hamas n'est ni la population de Gaza ni l'ensemble des Palestiniens.

    source 33

Le mot « antisémitisme » naît en 1879 sous la plume de Wilhelm Marr, pour donner un vernis scientifique à la haine des Juifs ; « sémite » désigne une famille de langues, pas une race30.

Établi

  • L'attaque du 7 octobre 2023 a tué 1 175 personnes en Israël, dont 379 membres des forces de sécurité (données de la sécurité sociale israélienne).
  • À Gaza, le ministère de la Santé recense 74 494 morts au 21 octobre 2026 ; l'armée israélienne revendique environ 22 000 combattants tués, sans publier de bilan total.
  • La Convention de 1948 définit le génocide par des actes commis avec l'intention de détruire un groupe : ni le nombre de morts ni une appréciation morale ne suffisent.
  • Aucune juridiction n'a qualifié de génocide la guerre menée par Israël à Gaza ; la Cour internationale de justice examine la requête de l'Afrique du Sud, sans arrêt sur le fond.
  • Aucune condamnation pour antisémitisme n'est établie contre un dirigeant de La France insoumise ; plusieurs dirigeants du FN puis du RN l'ont été pour des propos négationnistes ou racistes.

Fait débat

  • Ce que l'histoire d'un parti dit encore de lui : les historiens documentent une continuité, le parti revendique une rupture.
  • L'intention génocidaire à Gaza : des ONG et un comité de l'ONU l'affirment, Israël le conteste, la CIJ n'a pas tranché.
  • Le mot « acharnement » médiatique : les constats de couverture sont documentés, l'intention de nuire ne se prouve pas.
  • Le recouvrement entre critique d'Israël et antisémitisme : la définition de l'IHRA est elle-même contestée.

Incertain

  • Les écrits antisémites attribués à Jordan Bardella en septembre 2026 : le média dit les avoir authentifiés, l'intéressé conteste, aucun juge n'a tranché.
  • L'issue du procès de Rima Hassan, jugement attendu le 30 novembre 2026.

L’antisionisme est-il l’antisémitisme ?

Non, pas en droit. Critiquer la politique d’un État est une opinion protégée : l’antisionisme n’est pas un délit en France. Oui, parfois : quand la critique d’Israël devient une hostilité aux Juifs, elle tombe sous le coup de la loi. Les deux propositions sont vraies en même temps, et c’est ce qui rend le débat difficile.

La définition de travail de l’IHRA, adoptée en 2016, est le texte qui a le plus structuré ce débat. Elle propose une définition et des exemples, dont certains portent sur la critique d’Israël, tout en précisant que la critique comparable à celle adressée à tout autre pays n’est pas antisémite. Elle n’a aucune valeur contraignante en France12.

Après le 7 octobre 2023, la séquence illustre le problème. Le communiqué du groupe insoumis déplore les morts israéliens et palestiniens et met en avant « le contexte d’intensification de la politique d’occupation israélienne » ; Jean-Luc Mélenchon se dit horrifié, puis ajoute que « la violence ne produit et ne reproduit qu’elle-même ». La classe politique s’indigne, les accusations d’antisémitisme se déploient, et aucun juge n’est saisi de ces mots-là9.

Jean-Luc Mélenchon

Il condamne l'attaque, refuse de la qualifier de terroriste et renvoie à l'engrenage de la violence.

« La violence ne produit et ne reproduit qu'elle-même. » 9

Élisabeth Borne

La Première ministre de l'époque juge la réaction insoumise révélatrice d'une complaisance, qu'elle rattache à l'antisionisme.

« Des ambiguïtés révoltantes. » 9

La suite est judiciaire, et elle se joue plus bas : aucune condamnation pour antisémitisme n’est établie contre un dirigeant insoumis, tandis que le passif du RN est fait de décisions définitives.

Les morts, des deux côtés

Un bilan n’est pas un verdict. Ce sont des chiffres datés, avec une source, une méthode et des angles morts. Les voici, séparés quand la ventilation existe, signalés quand elle n’existe pas.

Victimes du 7 octobre 2023

Attaque du Hamas et des groupes armés palestiniens en Israël.

1 175 morts
  • Civils, dont des étrangers 796
  • Militaires et forces de sécurité 379

Données de la sécurité sociale israélienne citées par l'AFP, décembre 2023. Le chiffre officiel arrondi est souvent 1 200. Environ 251 personnes ont été prises en otage.

source 28

Morts à Gaza depuis le 7 octobre 2023

Bilan du ministère de la Santé de Gaza, arrêté au 21 octobre 2026.

74 494 morts
  • Combattants revendiqués par l'armée israélienne ≈ 22 000
  • Morts non ventilées, dont une part de civils non chiffrée 52 494

Le ministère ne distingue pas civils et combattants. L'armée israélienne ne publie pas de bilan total ; elle revendique environ 22 000 combattants tués. En janvier 2026, des responsables israéliens cités par la presse acceptent le chiffre global de 70 000 morts, sans pouvoir en donner la ventilation. 1 534 de ces morts sont survenues depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025.

source 25

Pour le 7 octobre, le total a été révisé à la baisse — 1 400, puis 1 200, puis 1 175 — après identification des corps. Ce n’est pas une manipulation : c’est le temps de l’identification, et la différence entre un bilan provisoire et un décompte nominatif28.

Qu’est-ce qu’un génocide ?

Le mot a un sens juridique précis, fixé par la Convention de 1948. Il ne désigne pas n’importe quel massacre, ni le plus grand nombre de morts. Il désigne des actes commis avec l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux15.

Deux conséquences. Un crime de guerre peut tuer beaucoup sans être un génocide ; un génocide peut tuer moins qu’une bataille. Et c’est l’intention de détruire le groupe qui fait basculer, pas la nationalité de la victime ni la nature de l’arme.

La Shoah

Fait établi · Nuremberg (1945-1946)
Dates
1941-1945
Victimes
Juifs d'Europe ; aussi Roms, personnes handicapées, opposants politiques
Morts
≈ 6 millions de Juifs

Comment. Isolement, ghettos, fusillades de masse, camps d'extermination. Un État organise la mort à l'échelle industrielle.

Pourquoi les historiens en parlent

  • L'intention est écrite et planifiée : la « solution finale » est coordonnée à la conférence de Wannsee, en janvier 1942.
  • Un groupe est défini par des lois raciales et pourchassé dans toute l'Europe occupée, jusqu'aux camps de la mort.
  • Le mot « génocide » est forgé en 1944 par Raphaël Lemkin, en partie pour nommer ce crime ; la Convention de 1948 en découle.

Ce qui fait débat

  • Le négationnisme est un délit en France depuis la loi Gayssot (1990). Contester ce génocide n'est pas un débat historique, c'est une infraction.

La Shoah désigne spécifiquement l'extermination des Juifs ; les autres victimes du nazisme sont commémorées séparément.

source 17

Le génocide arménien

Reconnu par la France (2001) et une trentaine d'États
Dates
1915-1917
Victimes
Arméniens de l'Empire ottoman ; aussi Assyriens et Grecs pontiques
Morts
≈ 1,5 million

Comment. Arrestation des élites le 24 avril 1915, déportations vers le désert syrien, marches de la mort, massacres de masse.

Pourquoi les historiens en parlent

  • Un plan central du gouvernement jeune-turc, documenté par les tribunaux ottomans de 1919-1920.
  • Raphaël Lemkin cite ce cas comme l'une des matrices du mot « génocide ».

Ce qui fait débat

  • La Turquie conteste le terme et parle des « événements de 1915 » ; la France reconnaît le génocide par la loi du 29 janvier 2001.

Aucun tribunal international n'a été saisi à l'époque : la qualification est d'abord celle des historiens, puis des parlements.

source 16

Le génocide des Tutsis

Qualifié par le TPIR (1998)
Dates
avril-juillet 1994 (100 jours)
Victimes
Tutsis ; aussi Hutus modérés
Morts
≈ 800 000

Comment. Militaires, milices Interahamwe, barrages routiers, radio de haine. La communauté internationale retire ses casques bleus.

Pourquoi les historiens en parlent

  • L'intention est établie par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
  • En 1998, le jugement Akayesu est la première condamnation pour génocide prononcée par une juridiction internationale.

Ce qui fait débat

  • La thèse d'un « double génocide » est rejetée par le TPIR et par l'ONU, qui parlent du « génocide contre les Tutsis ».

Le génocide commence le 7 avril 1994, après l'attentat contre l'avion du président Habyarimana.

source 19

Le bilan arménien d’environ 1,5 million de morts est celui de la plupart des historiens34 ; celui du Rwanda, près de 800 000 morts en cent jours, est celui de l’ONU18.

Et Gaza ? Le cas qui divise

La même grille s’applique. Mais ici, la qualification est demandée par des États et des ONG, et elle est refusée par Israël. Aucune juridiction n’a encore tranché.

La guerre à Gaza

En débat · aucune juridiction n'a tranché
Dates
depuis le 7 octobre 2023
Victimes
Palestiniens de Gaza
Morts
74 494 morts (21 octobre 2026)

Comment. Bombardements massifs, siège, déplacements forcés, destruction des hôpitaux et des infrastructures, restrictions d'accès à l'aide.

Les arguments pour la qualification

  • Amnesty International (décembre 2024) et Human Rights Watch (décembre 2024) concluent à des actes de génocide, en s'appuyant sur l'intention exprimée par des responsables israéliens.
  • Le Comité spécial de l'ONU (novembre 2024) juge la conduite de la guerre « compatible avec un génocide » ; l'Afrique du Sud saisit la CIJ en décembre 2023.
  • La CIJ a ordonné des mesures provisoires en 2024 : Israël doit empêcher les actes visés et laisser entrer l'aide. Elle n'a pas dit qu'un génocide était commis.

Ce qui fait débat

  • Israël rejette ces conclusions, invoque la légitime défense et la présence du Hamas dans les zones civiles ; les États-Unis contestent la qualification.
  • Le point décisif est l'intention spécifique : les mots de responsables israéliens sont-ils une preuve ou une rhétorique de guerre ? Les juristes et les historiens se divisent.
  • La procédure de la CIJ se poursuit : ordonnance du 21 mai 2026 fixant les délais, aucun arrêt sur le fond. La CPI a délivré des mandats pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, pas pour génocide.

Le 21 octobre 2026, le ministère de la Santé de Gaza recense 74 494 morts, dont 1 534 depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025.

source 20

RN et LFI : ce que la justice a jugé

Le contraste ne porte pas sur les opinions des électeurs. Il porte sur ce que des juges ont décidé, et sur ce qu’aucun juge n’a décidé.

Trois plans à ne pas confondre

Ce que la justice a établi Des décisions définitives, des faits jugés.

Rassemblement national

Des condamnations individuelles répétées, du fondateur à un élu en 2025, pour haine raciale, injures et négationnisme.

La France insoumise

Aucune condamnation d'un dirigeant pour antisémitisme ou haine raciale.

La critique d'Israël

Ce n'est pas un délit en droit français.

Ce qu'un adversaire affirme Une accusation politique, pas un jugement.

Rassemblement national

Un parti structurellement raciste, dont la « préférence nationale » est l'ADN.

La France insoumise

Un parti qui couvre l'antisémitisme sous couvert d'antisionisme.

La critique d'Israël

Elle sert de paravent à l'antisémitisme.

Ce qui n'est pas tranché Ce qu'aucune preuve ne tranche à ce jour.

Rassemblement national

La responsabilité du parti comme organisation n'a jamais été établie par une juridiction.

La France insoumise

Rien au plan judiciaire : aucune poursuite, aucune condamnation. Reste le débat politique sur l'intention prêtée et le traitement médiatique.

La critique d'Israël

Où passe la limite : le juge le dit au cas par cas, quand les mots deviennent une infraction.

Une case « établi » ne dit pas que l'accusation est fausse : elle dit qu'aucune décision ne la fonde. Une case « affirmé » n'est pas une preuve.

Jean-Marie Le Pen a été condamné deux fois au civil pour ses propos de 1987 sur les chambres à gaz, puis au pénal en 2017 à 30 000 euros d’amende pour contestation de crime contre l’humanité, confirmation en cassation en 2018. Il a aussi été condamné pour l’injure « Durafour crématoire » (1993), pour incitation à la haine raciale après ses propos sur les musulmans (2005), pour ses propos sur les Roms (2014 et 2017) et pour injures homophobes (2019)6.

Le passif ne s’arrête pas au fondateur. Bruno Gollnisch, alors vice-président du FN, est condamné en appel en 2008 à trois mois avec sursis et 5 000 euros pour contestation de crimes contre l’humanité7. En mai 2025, Daniel Grenon, député passé par le RN, est condamné à plus de 11 000 euros d’amende et de dommages-intérêts pour des propos racistes tenus en réunion publique8.

La fondation elle-même est documentée : un ancien SS comme trésorier, un ancien milicien comme vice-président, des anciens du PPF et de la LVF5.

Le passif du RN

Trois faits, du plus ancien au plus récent.

  1. Documenté

    1972 : la fondation

    Le FN naît avec Pierre Bousquet, ancien SS, comme trésorier, et François Brigneau, ancien milicien, comme vice-président. 4

  2. Jugé

    2008 : Gollnisch

    Le vice-président du FN est condamné à trois mois avec sursis et 5 000 euros pour contestation de crimes contre l'humanité. 7

  3. Jugé

    2017 : le « point de détail »

    Jean-Marie Le Pen est condamné à 30 000 euros pour contestation de crime contre l'humanité ; la cassation confirme en 2018. 6

Le dossier de LFI

Trois faits qui contredisent l'accusation.

  1. Constat

    Aucune condamnation

    Aucun dirigeant ni élu insoumis n'a été condamné pour antisémitisme ou provocation à la haine raciale.

  2. Constat

    7 octobre : aucun procès

    Les mots du communiqué insoumis et de Mélenchon n'ont donné lieu à aucune poursuite connue pour antisémitisme. 9

  3. Documenté

    Rima Hassan : autre délit

    L'eurodéputée est jugée pour apologie du terrorisme, pas pour antisémitisme ; jugement attendu le 30 novembre 2026. 10

Un fait n'est pas un verdict. Les trois constats de la colonne LFI disent ce qui manque à l'accusation, pas que le parti serait exempt d'antisémitisme. Une absence de condamnation n'est pas une preuve d'absence.

En 2026, l’affaire la plus récente du côté du RN n’est pas judiciaire. En septembre, Mediapart publie des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, datés de 2013, que le média dit avoir fait authentifier par huissier ; le président du RN conteste, parle de « faux grossiers » et annonce des poursuites11. Aucun tribunal n’a tranché : on écrit « attribués ».

La préférence nationale et le juge constitutionnel

La préférence nationale consiste à réserver certains droits, emplois ou prestations aux nationaux, au détriment des étrangers résidant régulièrement en France. Sa théorisation date des années 1980, et le RN parle aujourd’hui de « priorité nationale »3. Deux décisions la heurtent : en 1990, le Conseil constitutionnel censure une allocation réservée aux étrangers couverts par des conventions1 ; en 2024, il juge disproportionnée une condition de cinq ans de résidence pour accéder à plusieurs prestations sociales2.

L’acharnement médiatique : la thèse et ses limites

Beaucoup de ceux qui défendent LFI parlent d’un acharnement. Le mot est un jugement, pas une mesure. Voici ce qui le nourrit, et ce qu’il ne prouve pas.

Les accusations ne deviennent pas des procès. Depuis le 7 octobre 2023, les mises en cause pour antisémitisme visant LFI n’ont donné lieu à aucune condamnation de ce type.

La couverture est hors norme, selon ses critiques. L’Insoumission, média proche de LFI, recense près de 90 % des Unes hostiles à Mélenchon dans la presse magazine après janvier 2022, et plus de la moitié après octobre 202336. Acrimed, association de critique des médias, décrit la séquence de l’« affiche antisémite » comme un « délire » collectif35. Ces deux sources ne sont pas neutres : elles militent contre la couverture qu’elles décrivent.

LFI conteste. Le parti a saisi l’Arcom après des propos d’une journaliste liant l’antisémitisme au « vote musulman »37.

Ce qui reste solide, c’est le point de départ : sur le plan judiciaire, aucune condamnation pour antisémitisme n’est établie contre LFI. Le reste est une bataille d’interprétation, et elle se mène avec des arguments, pas avec des procès d’intention.

Ce que les chiffres comptent

Les atteintes racistes, xénophobes ou antireligieuses enregistrées par la police et la gendarmerie dépassent 9 700 faits en 2025, en hausse de 5 % sur un an, après une année 2023 en forte hausse13. Les contraventions, elles, reculent de 6 % sur la même période14.

9 700 Atteintes enregistrées en 2025 Racistes, xénophobes ou antireligieuses, pas seulement antisémites. source 13
30 000 € Amende de Jean-Marie Le Pen (FN puis RN) En 2017 pour le « point de détail », confirmée en cassation en 2018. source 6
11 100 € Daniel Grenon, élu passé par le RN Condamnation en mai 2025 pour des propos racistes en réunion publique. source 8
0 Condamnation pour antisémitisme côté LFI À ce jour, aucune décision publiée. Une absence n'est pas une preuve d'absence.

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Sources

Ce qui a servi à écrire ce dossier. Chaque numéro renvoie à une de ces cartes.

  1. Décision n° 89-269 DC du 22 janvier 1990 Le Conseil constitutionnel censure une disposition qui réservait une allocation aux étrangers couverts par des conventions de réciprocité, au nom du principe d'égalité. Conseil constitutionnel Institution 1990-01 conseil-constitutionnel.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  2. Décision n° 2024-6 RIP du 11 avril 2024 Censure de conditions de résidence de cinq ans, ou de trente mois d'activité, pour l'accès de certains étrangers aux prestations sociales : atteinte disproportionnée aux exigences du Préambule de 1946. Conseil constitutionnel Institution 2024-04 conseil-constitutionnel.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  3. La préférence nationale, définition et histoire Ce que recouvre exactement la préférence nationale, sa théorisation dans les années 1980 et son reformulage en « priorité nationale » dans le programme du RN. AFP Factuel Presse 2022 factuel.afp.com (ouvre dans un nouvel onglet)
  4. Front national, 1972. Naissance d'un parti d'extrême droite L'émission qui retrace la fondation du FN comme émanation d'Ordre nouveau, avec les historiennes et historiens de référence sur le sujet. France Culture Presse 2024-06 radiofrance.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  5. Des racines clairement néofascistes Le détail des parcours fondateurs : un ancien SS trésorier, un ancien milicien vice-président, des anciens du PPF et de la LVF, des proches de l'OAS. Le Parisien Presse 2013-10 leparisien.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  6. Les principales condamnations de Jean-Marie Le Pen La dépêche de l'AFP qui liste les condamnations : le « point de détail », l'Occupation, « Durafour crématoire », les musulmans en 2005, les Roms, les injures homophobes. Justice Info / AFP Presse 2025-01 justiceinfo.net (ouvre dans un nouvel onglet)
  7. Bruno Gollnisch condamné pour négationnisme Trois mois avec sursis et 5 000 euros d'amende en appel à Lyon, en 2008, pour contestation de crimes contre l'humanité. Un dirigeant du FN, pas un militant isolé. Lyon Mag Presse 2008-02 lyonmag.com (ouvre dans un nouvel onglet)
  8. Un député passé par le RN condamné pour propos racistes Plus de 11 000 euros à payer en mai 2025, après des propos racistes tenus en réunion publique. La condamnation la plus récente d'un élu de ce camp. franceinfo Presse 2025-05 franceinfo.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  9. La réaction de LFI après le 7 octobre 2023 Le communiqué du groupe insoumis, les mots de Jean-Luc Mélenchon, et les accusations qui ont suivi dans la classe politique, dont celles d'Élisabeth Borne. France Inter Presse 2023-10 radiofrance.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  10. Le procès de Rima Hassan pour apologie du terrorisme Réquisitions de dix mois avec sursis et deux ans d'inéligibilité en octobre 2026, jugement attendu le 30 novembre. Une procédure en cours, et une infraction qui n'est pas de l'antisémitisme. La Nouvelle République / AFP Presse 2026-10 lanouvellerepublique.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  11. Des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella Mediapart publie en septembre 2026 des écrits de 2013 qu'il dit authentifiés ; le président du RN conteste et annonce des poursuites. Aucune décision de justice à ce jour. RTBF / Belga Presse 2026-09 rtbf.be (ouvre dans un nouvel onglet)
  12. La définition de l'antisémitisme de l'IHRA, dix ans après Ce que dit cette définition de travail, ce qu'elle permet et ce qu'elle ne permet pas, et les critiques qu'elle continue de recevoir dix ans après son adoption. Revue K. Presse 2026 k-larevue.com (ouvre dans un nouvel onglet)
  13. Les atteintes racistes, xénophobes ou antireligieuses en 2025 Le bilan statistique officiel : plus de 9 700 crimes et délits enregistrés en 2025, en hausse de 5 % sur un an, et plus de 6 700 contraventions. Ministère de l'Intérieur / SSMSI Données 2026-04 interieur.gouv.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  14. Les atteintes racistes en hausse de 5 % en 2025 La reprise de presse du bilan statistique, qui rappelle ce que le chiffre compte et ce qu'il ne compte pas : racistes, xénophobes et antireligieuses, pas seulement antisémites. 20 Minutes Presse 2026-03 20minutes.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  15. Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (1948) Le texte de référence : la définition du génocide, les cinq actes visés et l'exigence d'une intention de détruire un groupe. Haut-Commissariat aux droits de l'homme (ONU) Institution 1948-12 ohchr.org (ouvre dans un nouvel onglet)
  16. Loi n° 2001-70 du 29 janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915 Le texte par lequel la France reconnaît le génocide arménien. Une reconnaissance politique, pas une décision de justice. Légifrance Texte de loi 2001-01 legifrance.gouv.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  17. Frequently Asked Questions about the Holocaust Les repères du musée : six millions de Juifs assassinés, la définition de la Shoah, les autres groupes persécutés. United States Holocaust Memorial Museum Institution ushmm.org (ouvre dans un nouvel onglet)
  18. Le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 Le programme de l'ONU sur le génocide : près de 800 000 morts en cent jours, le rôle de la radio et des milices, la responsabilité de la communauté internationale. Nations unies Institution un.org (ouvre dans un nouvel onglet)
  19. Le jugement Akayesu, première condamnation pour génocide Le communiqué du TPIR du 2 septembre 1998 : première condamnation pour génocide prononcée par une juridiction internationale. TPIR / Mécanisme international Institution 1998-09 unictr.irmct.org (ouvre dans un nouvel onglet)
  20. Afrique du Sud c. Israël — application de la Convention sur le génocide La procédure devant la CIJ : mesures provisoires en 2024, ordonnance du 21 mai 2026 fixant les délais de réplique et de duplique, aucun arrêt sur le fond. Cour internationale de justice Institution 2026-09 icj-cij.org (ouvre dans un nouvel onglet)
  21. Une enquête d'Amnesty International conclut qu'Israël commet un génocide Le rapport de décembre 2024 : des actes interdits par la Convention et une intention spécifique, selon l'organisation. Une conclusion d'ONG, pas un jugement. Amnesty International France Ouvrage 2024-12 amnesty.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  22. Amnesty says Israel is committing genocide; Israel rejects the allegations La dépêche qui donne les deux côtés : les conclusions d'Amnesty et le rejet israélien, qualifié de diffamation. Associated Press Presse 2024-12 ap.org (ouvre dans un nouvel onglet)
  23. « Un génocide se déroule sous nos yeux » — Comité spécial de l'ONU Le communiqué de novembre 2024 : les méthodes de guerre israéliennes à Gaza jugées compatibles avec un génocide, notamment l'usage de la famine. Nations unies Institution 2024-11 un.org (ouvre dans un nouvel onglet)
  24. La CPI délivre des mandats d'arrêt contre Netanyahu, Gallant et Deif Des mandats pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, dont la famine comme méthode de guerre — pas pour génocide. ONU Genève Institution 2024-11 ungeneva.org (ouvre dans un nouvel onglet)
  25. Gaza death toll from Israeli campaign rises to 74,494 Le bilan du ministère de la Santé de Gaza au 21 octobre 2026 : 74 494 morts, 175 604 blessés, dont 1 534 morts depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025. QNA / AFP Presse 2026-10 qna.org.qa (ouvre dans un nouvel onglet)
  26. L'armée israélienne estime à 70 000 les morts à Gaza, sans ratio civils-combattants Des sources militaires israéliennes acceptent l'ordre de grandeur du bilan palestinien, tout en disant ne pas pouvoir distinguer civils et combattants. The Times of Israel Presse 2026-01 timesofisrael.com (ouvre dans un nouvel onglet)
  27. Israeli media cite official accepting Hamas figure of 70,000 war dead La BBC reprend l'information : un responsable israélien accepte le chiffre global, sans pouvoir établir la part de combattants. BBC News Presse 2026-01 bbc.com (ouvre dans un nouvel onglet)
  28. Les données de la sécurité sociale israélienne sur les morts du 7 octobre Le décompte de l'AFP : 1 175 morts, dont 379 membres des forces de sécurité ; le reste, des civils, dont des étrangers. Le total officiel arrondi est souvent 1 200. France 24 / AFP Presse 2023-12 france24.com (ouvre dans un nouvel onglet)
  29. Définition de travail de l'antisémitisme La définition de l'IHRA (2016) et ses exemples, dont certains portent sur la critique d'Israël, avec la précision que la critique comparable à celle d'un autre pays n'est pas antisémite. International Holocaust Remembrance Alliance Institution 2016 holocaustremembrance.com (ouvre dans un nouvel onglet)
  30. Antisémitisme L'étymologie et l'histoire du mot : forgé en 1879, « sémite » désignant une famille de langues et non une race. CNRTL Ouvrage cnrtl.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  31. Sionisme La définition du mouvement national juif né au XIXe siècle, distinct du judaïsme comme religion. CNRTL Ouvrage cnrtl.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  32. Déclaration d'indépendance de l'État d'Israël (1948) Le texte de la proclamation du 14 mai 1948, qui fonde l'État et le définit comme foyer national juif. Knesset Institution 1948-05 knesset.gov.il (ouvre dans un nouvel onglet)
  33. Hamas — cartographie des politiques palestiniennes La fiche de l'ECFR : fondation en 1987, charte de 1988, document de 2017, prise de Gaza en 2007 et désignation comme organisation terroriste. European Council on Foreign Relations Ouvrage ecfr.eu (ouvre dans un nouvel onglet)
  34. L'Arménie commémore les 100 ans du génocide Le rappel des faits et du bilan humain : environ 1,5 million de morts, la date du 24 avril 1915, la reconnaissance française. franceinfo Presse 2015-04 franceinfo.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  35. « Affiche antisémite de LFI » : matrice d'un délire Un extrait de l'ouvrage En finir avec le déni (Anamosa, 2026) sur la séquence de l'affiche. Une analyse de critique des médias, militante et assumée. Acrimed Presse 2026-04 acrimed.org (ouvre dans un nouvel onglet)
  36. Le tribunal permanent — enquête sur la machine médiatique qui juge la France insoumise Le décompte des Unes hostiles à Mélenchon et l'analyse d'une couverture hors norme, par un média proche de LFI : à lire comme une source partisane. L'Insoumission Presse 2026-07 linsoumission.fr (ouvre dans un nouvel onglet)
  37. Antisémitisme et « quête du vote musulman » : LFI saisit l'Arcom La saisine de l'Arcom après des propos d'une journaliste liant le parti au « vote musulman » et à l'antisémitisme. Le Journal du Dimanche Presse 2026 lejdd.fr (ouvre dans un nouvel onglet)